Non à la métropolisation !

Non à la « Monstruopolisation » !

appel de septembre 2013

 

Nous avons appris au 20e siècle que rien n’est possible si les citoyens n’agissent pas d’abord eux-mêmes ! Conséquence : un des premières missions du politique du point de vue de l’émancipation c’est de libérer des territoires pour permettre des initiatives, pour permettre des expérimentations.  Nos adversaires le savent qui n’ont de cesse d’empêcher les gens de rêver, de penser, d’agir. Nous en avons une preuve supplémentaire avec la détestable loi sur la métropolisation… monstruopolisation. Métropolisation ardemment voulue par N. Sarkozy mais organisée et imposée par F. Hollande ! Nous combattrons cette métropolisation, souhaitée par l’Europe libérale, pour déjà trois grandes raisons.

Nous combattrons déjà la métropolisation parce qu’elle représente une accélération dans le conception capitaliste de la ville, une ville qui n’est plus d’abord un lieu de vie, de travail, d’échange, de loisirs, mais un territoire mis en concurrence avec d’autres territoires dans le cadre d’une pure logique économique, une ville soumise au Citybranding,  au Citymarketing, soumise à l’argent.  L'enjeu de la métropolisation est bien d'adapter l'espace urbain aux besoins des marchés financiers et au capitalisme vert d'où la frénésie de Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), les centres de congrès internationaux, les méga-centres commerciaux, les supermarchés du cinéma, la wifisation de l'espace public, les complexes d'affaires, les hôtels « grand luxe », les résidences « grand luxe », les boutiques de luxe, etc. C’est aussi, une volonté forte de la part du capital de retirer tout pouvoir de décision aux  élus locaux et aux maires en particulier en instaurant une véritable gouvernance administrative technocratique et économique qui n'aura de compte a rendre à personne et surtout pas aux citoyens-électeurs.

La première mission des technocrates de la métropolisation, qui ont pensé cette guerre des métropoles entre elles, fut d’identifier les  « chefs de file » (sic) de cette « modernisation » (sic), ces aires urbaines de plus de 100 000 habitants où vivent déjà plus de 60 % de la population. La principale force de frappe livrée par la France à L’Europe est constituée de trois métropoles  Celle de Paris qui avec 11 millions d’habitants fait l’objet de toutes les attentions puisqu’elle compte 8 des 71 pôles de compétitivité labellisés en France dont 3 des 7 pôles mondiaux. Il s’agit bien sûr d’accroitre plus encore ce gigantisme. Trois scénarii avaient été retenus pour cela : le premier baptisé « la marguerite » n’était que l’importation du modèle Londonien ; le deuxième qualifié d’Haussmann II (du nom du destructeur du Paris populaire) reprenait le modèle d’Amsterdam, le dernier baptisé « métropolis » est finalement la transposition du modèle new-yorkais… Lyon-Métropole avec ses 2,1 millions d’habitants et Aix/Marseille/Provence avec ses 1,5 millions d’habitants viendraient compléter cette machine de guerre urbano-économique… Exit la diversité de nos territoires, de nos villes, de nos villages. Exit l’histoire nationale.

Nous combattrons aussi la métropolisation car elle éloigne davantage l’élu des citoyens électeurs au moment même où la montée des extrêmes droite, la violence des crises économiques, sociales, écologiques impose « plus de démocratie » et non pas « moins de démocratie », au moment aussi où la population, notamment les milieux populaires, aspire à une démocratie réelle participative.  La démocratie est toujours une affaire de choix de territoires : ce n’est ainsi pas par hasard que la Révolution française a du inventer ses propres territoires contre ceux de l’Ancien régime !  Les grands-prêtres de la métropolisation le clament eux aussi haut et fort :  en « débordant » (sic) les territoires actuels, jugés trop étriqués pour mener victorieusement la guerre économique, il s’agit en fait de déborder « le principe de gouvernement »  au profit de la « gouvernance territoriale »… Cette « gouvernance territoriale » ne reposerait plus sur une relation de proximité (géographique et institutionnelle), garante d’une démocratie réelle, mais sur le choix de favoriser les «  acteurs non gouvernementaux » (sic) parmi lesquels les associations, partis et syndicats pèseraient bien peu au regard du poids des grandes firmes économiques. Ce choix ouvertement anti-démocratique est camouflé derrière celui du « software » (en fait la domination des acteurs privés dissimulés sous des partenariats privé/public) contre le « hardware » (le pouvoir des citoyens et de leurs représentants). Nous appelons la population à se méfier de cette langue de bois libéral-libertaire qui lorsqu’il parle de remettre en cause « l’hégémonie du gouvernement » (sic) vise, en fait, à asseoir davantage encore la toute-puissance de l’oligarchie économique et financière et de ceux qui la servent fidèlement. On avait pu reprocher jadis aux lois de décentralisation de 1982, mises en place par la gauche, d’avoir renforcé les oligarchies locales, faute d’avoir démocratisé d’abord les institutions avant de transférer les pouvoirs aux élus locaux, mais cette nouvelle loi de métropolisation vise ouvertement une remise en cause de la démocratie politique. La réformette de Marilyse Lebranchu, voulue par EELV, qui vise à faire élire au « suffrage universel direct »  la moitié des élus qui siègeront dans les métropoles constitue un simple gadget incapable de changer vraiment les rapports de force. On relèvera cependant que Carlos Da Silva, député de l'Essonne, proche de Manuel Valls a voté contre cet amendement… pourtant bien peu révolutionnaire.

 

Nous combattrons enfin la métropolisation parce qu’elle constitue une machine de guerre contre les expérimentations locales dont le principe est pourtant reconnu dans la Constitution française (Article 37-1) depuis la réforme du 28 mars 2003.  Ces expérimentations sont d’autant plus nécessaires aujourd’hui que nous subissons une série de crise économique, sociale, écologique, etc.  Le coût de la métropolisation se paiera très vite notamment par les gens les plus modestes. Ainsi une des premières mesures de la Métropole marseillaise serait de supprimer, par souci d’égalité de traitement (sic), la gratuité des transports en commun urbains instaurée à Aubagne/l’Etoile. Ailleurs ce sera la gestion en régie municipale des services publics qui sera menacée.

 

Nous, citoyenNEs et éluEs, appelons à combattre la métropolisation.

Pour défendre des territoires, villes et villages, qui ne soient pas soumis à la jungle économique !

Pour défendre la démocratie de proximité, pour défendre le droit aux expérimentations
Faisons de ce combat un temps fort des campagnes électorales de 2014 !

 

Premiers signataires

Paul Ariès, directeur de la rédaction les Z’indigné€s

René Balme, maire de Grigny